Chrysline TIMMERMANS

La genèse du mouvement thérapeutique : du mouvement des astres aux mouvements de l’homme

mémoire présenté sous la direction de Jean-François STOFFEL en vue de l’obtention du titre de master en kinésithérapie. – Montignies-sur-Sambre : Haute école Louvain-en-Hainaut ; Département des traitements physiques ; Section de kinésithérapie, 2012. – 64 p.

Résumé

Depuis sa reconnaissance en France en tant que profession légale d’auxiliaire médical en 1946, la kinésithérapie ne cesse de trouver de nouveaux praticiens. En 2011, la France regrou­pait déjà près de 75.164 kinésithérapeutes. Cette profession est de nos jours reconnue et admise comme un art de guérir et contribue de manière incontestable au recouvrement de la santé, bien que l’efficacité de certaines pratiques kinésithéra­peutiques reste encore à démontrer scientifiquement. Les étu­des expérimentales sont en effet encore trop peu nom­breuses et bien difficiles à mettre en œuvre d’un point de vue éthique et déontologique. Cependant, les bienfaits du mouve­ment dans un but thérapeutiques sont reconnus, ce que nous rappelle d’ail­leurs l’étymologie du mot «kinésithérapie» qui signifie «soigner par le mouvement».

En retraçant l’évolution historique de la place du mouvement dans les pratiques thérapeutiques, nous découvrons les in­fluen­ces tantôt de la mythologie grecque et de la philosophie anti­que, tantôt des croyances religieuses et superstitieuses, et enfin de la recherche médicale.

Parallèlement à cette première ligne directrice, nous notons que le mouvement a été un centre d’attention dans un tout autre domaine : la cosmologie. En effet, nous savons que pour nos Anciens, le corps était étroitement lié au cosmos, de sorte que la médecine était, elle aussi, liée à la cosmologie. Con­nais­sance du corps et connaissance du cosmos ont donc été indis­sociables durant des millénaires. Mais aux XVIe et XVIIe siècles, la cosmologie subit un bouleversement majeur avec Copernic et Galilée. Celui-ci n’a pas été sans conséquence sur le statut accordé au mouvement, avec des répercussions dans le do­maine médical. Celles-ci vont contribuer au développement d’une thérapie par le mouvement : la kinésithérapie.

Giovanni Alfonso Borelli, De motu animalium (édit. 1734)