DEROUBAIX (Capucine)

Comment la prise en charge de la douleur de l’enfant est-elle influencée par la culture sénégalaise ? Étude de terrain menée auprès de soignants et de kinésithérapeutes à l’Hôpital principal de Dakar

mémoire présenté sous la direction de Jean-François STOFFEL en vue de l’obtention du titre de master en kinésithérapie. – Montignies-sur-Sambre : Haute école Louvain-en-Hainaut ; Département paramédical de Montignies, 2017. – 92 p., xcix.

Résumé

La douleur est le symptôme qui encourage le plus couramment les patients à consulter. Autour de ce symptôme gravitent différents facteurs qui, en fonction du patient, vont modifier sa manière de manifester, de percevoir et de tolérer cette douleur, de sorte que chacun l’exprime d’une manière qui lui est propre. La culture en fait partie et cela est vrai même en pédiatrie. Lors de la prise en charge de la douleur de l’enfant, le praticien devra donc tenir compte non seulement de son âge, mais aussi sa culture. Mais en quoi ces multiples composantes de la dou­leur chez l’enfant sont-elles influencées par la culture sénéga­laise ? Quelles sont les conséquences pour sa prise en charge en kinésithérapie ?
À travers l’étude de la douleur chez l’enfant et de sa gestion culturelle, notre but était d’établir que la culture sénégalaise influence la douleur dans toutes ses composantes. Pour con­fronter la littérature aux réalités du terrain, nous avons récolté douze questionnaires, comportant des questions ouvertes et fer­mées, auprès de soignants et de kinésithérapeutes de l’Hôpital principal de Dakar.
La plupart de nos résultats concordent relativement bien avec la littérature : une bonne prise en charge relève d’un niveau de formation suffisant, d’une bonne expérience, d’une évaluation systématique de la douleur avec un outil adapté, ainsi que d’un environnement et d’une attitude de la part du soignant adé­quats avec l’âge de l’enfant.
Nous avons mis en évidence que la douleur est, au Sénégal, une composante très importante qui fait partie de traditions et pratiques ancestrales. L’enfant hérite donc d’enseignements et de valeurs qui déterminent sa vision de la douleur. Il est par conséquent important de prendre en compte la culture de l’enfant lors de la prise en charge de sa douleur : mieux com­prendre la culture sénégalaise permet, à terme, d’améliorer notre prise en charge kinésithérapeutique dans le contexte multi­culturel qui est désormais le nôtre. Une telle étude de la culture sénégalaise dans son rapport à la douleur conduit éga­lement à mieux mettre en perspective le rapport particulier que notre culture européenne entretient, elle aussi, avec cette même douleur.


L’entrée de l’hôpital principal de Dakar


Un patient accidenté de la route avec fixateur externe, méthode d’ostéosythèse très utilisée dans les traumatismes au Sénégal

L’échelle visuelle analogique (EVA)