La révolution copernicienne et la place de l’Homme dans l’Univers : étude programmatique

in Revue Philosophique de Louvain, vol. 96, 1998, n°1, pp. 7-50.

Résumé

Selon l’interprétation traditionnelle, la révolution copernicienne, qui opère le passage du géocentrisme à l’héliocentrisme, aurait détrôné et dévalorisé l’homme, en lui retirant sa position cen­trale, et donc privilégiée, dans le cosmos, pour le reléguer sur une planète devenue analogue aux autres et occupant une place quelconque à l’intérieur du système solaire. Cette inter­prétation ne pèche pas seulement dans sa compréhension de l’héliocentrisme copernicien, mais également dans sa percep­tion du géocentrisme aristotélico-médiéval. Il faut donc dénon­cer sa fausseté générale et, plus encore, lui substituer un autre schéma interprétatif qui, peut-être moins évocateur de notre rapport au monde, soit plus respectueux de la vérité historique.

Abstract

According to the traditional interpretation, the Copernican revo­lution, which brought about the transfer from geocentrism to heliocentrism, is said to have dethroned and devalued man by removing his central and hence privileged position in the cos­mos and by relegating him to a planet now seen as analogous to others occupying an insignificant position within the solar system. This interpretation fails not only in its understanding of Copernican heliocentrism, but also in its percep­tion of Aristo­telian mediaeval geocentrism. It is necessary, therefore, not only to denounce its general falsity, but also to substitute for it a different interpretative scheme which, although it may empha­size less our link with the world, may be more respectful of historical truth.

Mots-clefs

Interprétation traditionnelle de la révolution copernicienne – Topo­graphie aristotélico-médiévale – Topographie copernicien­ne – Terre – Soleil – Centralité – Héliolâtrie

Télécharger l'article

Le système de Ptolémée selon l'«Harmonia macrocosmica» (1661) d'Andreas Cellarius


Le système de Copernic selon l'«Harmonia macrocosmica» (1661) d'Andreas Cellarius


Une représentation plus révélatrice de la mentalité géocentriste : Nicole Oresme, Le Livre du ciel et du monde (XVe s.)